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lundi 31 août 2009

Amants




Amante
Mange-tout
Touche-à-tout
Les années volent effrontées
Au chaud de l’automne en été
Le temps à pourfendre
Les heures à surprendre
Les jours à perdurer
Le fatras des certitudes à couturer
Chaque minute plaisir
Chaque seconde désir
Sueur à la brûlure de 15 heures
27 degrés à la nuit de 24 heures

Amant
Mandoline
Masculine
Goût café sueur de ta peau
Goutte à goûte suit le tempo
Clore les yeux velours
S’ouvrir au contre-jour
Corps lisse de pêche salée
Glisse languide sous la main étoilée
Plus aucun regret ne court
Plus aucun remord ne sourd
Prendre le temps de se dévorer profond
S’alanguir longuement sens en ébullition

Amants
Ébahis
Accomplis
Abandonner le tricotage
De pensées en sabordage
Se rire des on-dit
Gommer les interdits
Des cheveux aux orteils
La sensualité glisse vague vermeille
Juste là sans contraintes
Juste là dans l’étreinte
La joie brute livrée aux amants aimantés
D’un été chaud brûlant offert à déguster







mercredi 13 mai 2009

Je ne ...pas


Je ne crèverai pas le sac plastique de ta poubelle
aux marches des escaliers de ton immeuble
Je n'introduirai pas au matin de ton réveil
le journal à l'encre noirci des catastrophes du monde
Je n'aspirerai pas la poussière du temps qui passe
sous les meubles de ta salle à manger
Je ne règlerai pas les factures à la lumière
de tes longues nuits d'insomnie
Je ne changerai pas le joint du robinet
d'eaux troubles trop tièdes pour noyer ton ennui
Je ne baptiserai pas ton lit à la mauvaise haleine
des réveils matin avant les départs au travail
Je ne m'encolèrerai pas sur la bête plastique
qui sonne pour ne rien dire quand il ne faut pas
Je ne cueillerai pas au revers de ta veste
les cheveux de ton indifférence pour les couper en quatre

Je veux de toi
La transparence douce de mes moments d'attente
dos tendu à la terre pour les vibrations de la cage ascenseur qui te ramène
Mon mal au coeur dans mes nausées à ton absence
et ma peur de te voir oublier de me dire je te pense
Mon doigt qui frôle la peau rude de ton cou
pour desserrer le noeud cravate de ton sérieux affiché
Tes mains victoires sur le temps qui ouvrent
à la transcription matricielle de tes regard dans l'amour
Et ton cri
Tout ce que tu ne veux pas,
tout ce que tu ne peux pas
Tout ce que tu ne sais pas
Tout ce que je ne sais pas
Tout ce qui fait que je te cherche encore

Mon petit Tout


Mon grand Tout commence
par un Tout petit bout.
Une enfant pâquerette a avalé Tout un coin de ciel bleu,
le regardant Tout droit, les yeux dans les yeux.
Gratouillant la terre du tendre bout de la pulpe de Tous ses doigts,
elle a feuilleté page à page Tous les brins de l'herbe du pré
A rampé Tout au fond, à l'essentiel des découvertes.
Puisant à la perle de ses joues Tout le sel de mes baisers,
elle a plissé en Toute tendresse le bout de son nez,
a déposé le Tout en une seule goutte de rosée
puis a froncé Tout doux deux sourcils circonflexes
pour entrer Tout entière
dans le cœur soleil de sa Toute première fleur

Sans dessus -dessous



Tous sens s’emballent et rayonnent
Sans dessus dessous bouillonnent
Je ne te sais pas d’hier
Mais je pose la première
Une main droite
Si maladroite

Je guette pour toutes saveurs semées
Musiques couleurs vives renversées
Chacune des rues à angle croisé
Écoute ouverte rose et lavande
La mi nuit clinquante sarabande
De ses notes parfumées palpite
Fragilité blancheur clématite
Chant éclatant sucre d’été gorgé
Balancement du grand plaqueminier
L’or couchant des kakis murs dépose
Larges éclaboussures virtuoses

Le sans dessus dessous des sens
D’incertitudes fragrances
Tu ne sais que l’aujourd’hui
Pourtant tu offres sans bruit
Une main droite
A ma main droite

Comme notes lancées hirondelles
Noires et blanches agitent sous le vent
Le fil ténu découvertes élan
Le jour s’écoule long en mal de toi
Palpite câline source d’émoi
Ton absence court les chemins semés
De si et de la musique affamée
Partition lignes de vie en prise
Portée perdue à la mi voix devise
Déchirure éclair dos à dos butoir
De tous les au revoir en désespoirs

Et nos voix murmurent croisées
Les sens dessus dessous soudés
Le présent corde sa lyre
D’ amour le temps s’étire
De ma main gauche
A ta main gauche

La vue ne craches plus nuages cendres
Trait au pinceau pour l’espace tendre
Éclabousser carmin droit aux étoiles
Pointer ciel outremer robe de voiles
Pimenter soleil armer arc-en-ciel
L’avenir de formes essentielles
Roule ruisseau en vacance d’orages
Danse les rames de l’orme tangage

Tendue à espérer acquise
Bleu sourire ouvert je vise
La bouche au clair tes yeux
Porte dérobée l’aveu
Ouvre main gauche
Sur ma main gauche

Suivant un long trait qui glisse agile
Du doigt point d’interrogation je file
Rais de blanc tissant ma chevelure
Jetant des certitudes l’armure
Nos mains se dérobent pour jeu d’enfant
Sens dessus dessous tendresse ouvrant
Le souffle vole de terre à nuages
Semant ses graines de mots en partage

Pyramide de mains
Sans voir début ni fin
Pour chaque jour qui vient

Rupture


Le passé dégouline du présent,
transparence de l'air au glacé de la nuit.
Il se pavane dans l'idiotie d'une lune
béate en mal de nuages rosés.
Il pose sa main oisive sur un tronc raviné.
De la souche du vieux merisier
lèvent trois fûts d'ennui à ramure échevelée.

Ce temps de la mort se nourrit
dans l'absence de lumière blanche
Il pénètre la brise éphémère
en grande parade pour stopper,
à la limite du filet des larmes
Il balance au large une voilure de façade.
Sa griffe masquée se joue des apparences

La haine rampe aux noeuds du délire
éjaculant les cadavres du passé
Rien, non rien n'échappe à ses crocs tendus.
Son avidité engloutit la douceur des matins,
efface jusqu'au regard de l'enfant surpris au saut du lit
L'indécence des vieilles rancoeurs perdure
dans la chair même du ressenti,
vibrant encore la non existence de ce couple agonie
L'appât du vide exerce à l'envie une fascination morbide

Puis vient le présent,
l'instant choisi pour
sortir de la plainte des paroles hors sens
abandonner la banalité du paraître
dérober le semblant aux faux semblants

L'heure d'ouvrir la porte
au gel qui prend son temps,
courant chaque brin d'herbe
nappant de sucre glace la campagne d'avril.

Bâiller au présent
Ecarquiller les yeux
Ouvrir large la bouche,
Retrouver le goût de l'eau et du sel

vendredi 8 mai 2009

mon ombre


Mon ombre me suit ou me précède
Mon ombre est le portrait de mes vingt ans
Mon ombre ne craint pas le pas à pas du temps
Si je la cueille de mes mains tièdes
Elle fuit me laissant désabusée
Reflet émoussé
Effacé


Elle joue quatre horizons sans passé ni futur
Elle tapisse les fossés franchit les clôtures
Elle se dessine comme la ligne sans son point
Elle fripe à l’ombre des arbres comme parchemin
Elle flotte entre les eaux du jour et de la nuit
Elle frémit sans renier sa forme au gris de l’ennui

Mon ombre ouvre ma route et la balaye
Mon ombre lisse mes cicatrices
Mon ombre rit de la blessure des ronces.
Si de la pointe légère du pied
Je la caresse sans la déchirer
Sans maladresse
Tendresse

Elle précipite les rencontres en eaux vives
Elle dérive à leur surface jamais captive
Elle se rit des faux pas trébuchés et des drames
Elle ne redoute pas les creux du vague à l’âme
Elle se déploie au pur d’un azur aquarelle
Elle coule à la vie comme eau sempiternelle

Quand je sors promener mon ombre
Je fuis pour elle la pénombre
Le bas côté pour âme sombre
Qui ne se complait que dans l’ombre

Alors, en grande lumière et sans encombre
Fidèle elle me suit ou me précède, mon ombre

l'eau rage


Sens violence d’absence
La chute des apparences
Engloutit dans ses turbulences

L’eau rage
À la marge
De ma page

Notre histoire filée à l’anglaise
Coupe pilée de tes fadaises
Sang jamais sens délacer
Sens sans cesse dénoncé
Feu acéré bouleversant
D’un feu croisé agonisant
En avilissant bafouillage
Perçant fuseau de nos orages

L’eau rage
Sans ambage
À l’abordage

Le feu du corps à cœur
Tout de violence et d’humeur
Sale brouillon des désamours
Mourant dans le contre-jour
Du grand-écart à vivre à deux
Sens juste survivre cafardeux
Départ en guerre de lasse infortune
Pour déchanter de l’un à la une

L’eau rage
Sans battage
Pour bouclage

Crève le rêve et ne se pose pas
Pailleté au pas de tes pas
Mon monde ne valse plus rond
Compressé comme presse citron
Écorché sans suite détaché
De ces brèves à papier gâché
Les mots pleureront bagatelle
Pour un soir du désespoir d’elle


Et l’eau file
Coule agile
Le temps indélébile

D’argent au coeur de l’ennui
La lune se berce au creux du lit

vendredi 17 avril 2009

à deux voies

A deux voies


As-tu vu ce bleu matin?
J’abandonne la ville fière de ses murs à gratter le ciel faute de ne plus le voir
Je traverse la forêt et laisse les ombres en place.

Je dis:
-- chez moi, j’ai le thé rouge fraise et bleuet que tu aimes, dans un grand bol pour les mains froides
Tu réponds:
-- j’suis pas un poète
Mais je sais ce qu’est un toboggan

Je dis:
-- Viens, pour la perceuse, les chevilles, les vis, tendre mes murs de tes toiles
Tu réponds:
-- j’suis pas un poète
Mais je sais ce qu’est une échelle pour monter au balcon

Je dis:
-- j’ai de la musique à faire rêver tes oreilles quand le soir déroule ses heures sombres
Tu réponds:
-- j’suis pas un poète
Mais je sais, avant il faut jouer la sérénade et décrocher la lune sous les étoiles

Je dis:
-- je cuis les œufs au plat à l’huile d’olive… et si je coulais un fond de vodka bison, à brûler toutes les glaces de décembre?
Tu réponds:
-- j’suis pas poète
Mais je sais, sous de bons draps il fait toujours bon en hiver

Je dis:
-- Une lampe allumée ouvrira les palettes de la nuit à tes pinceaux et tes huiles
Tu réponds:
-- j’suis pas un poète
Mais je sais imaginer une prairie ondulant sous le vent

Je dis:
-- j’ai le cœur entoilé de brumes
La vigne rouille la terre des chemins
Les herbes sèches volutent de fumée
Je pose le doigt sur les nouvelles du monde

Tu réponds:
-- L’herbe de bison
Si proche du fond
Du bout des lèvres au goulot
Du bout des doigts
Herbe de bison

Je te dis:
Chut!!!
Monte l’échelle
Pas au balcon
Ni étoiles ni lunes
Pointe deux clous au mur
Accroche tes couleurs
Donne de la lumière à ce soleil d’hiver

Tu me réponds:
Je sais qu’un marteau ne sert pas qu’à se frapper sur les doigts
Mais j’suis pas un poète


Une conclusion s'impose: 'l'amour sans une certaine folie ne vaut pas une sardine!' (proverbe espagnol)