mercredi 10 juin 2015

Respiration des trois étoiles



 A Louis, Professeur de taï-chi















Si la nuit de charbon hurle tes songes et ton sommeil,
Si le jour tire le rideau cercueil des espérances  

Respire
Bonheur, l’étoile matrice
Ouvrir les pieds à la poussée de la terre, berceau    
Berceau de la vie et racine  universelle   
Universelle source d’une sève subtile
Subtile rosée d’aurore irriguant  faim et soif  
Soif de sources d’eaux claires jaillissantes et sereines
Sereine  poussée des roches, sables galopant de mer à désert,
Désert d’absence en sédiments fertiles des fleuves volages
Volages  frémissantes paillettes aux parfums de soleil
Soleil secret de toute vie posée, là, de pieds et de pattes mêlés
Mêlés aux hautes herbes par le chant de senteurs caresses
Caresses enlacement  unifié aux semailles d’abondance
Abondance dorée d’olives sur l’arbre de Paix
Paix nourrice à deux pieds enracinés dans la terre
Terre Bonheur d’être

Si la lune se masque du sang de la violence  
Si de fausses dorures en parade factice t’écrasent      

Respire
Prospérité, l'étoile espace
Bruissement de l’air à l’ouverture de bras corolles,
Corolles élargissant l’horizon chanté des vents
Les vents respirant aux  rames célestes des forêts
Forêts frémissantes en ailes bercées  de tendres vagues
Vagues enroulées, roulées dans les plis d’une robe océan,
Océan se déployant aux abimes pour s’élever
S’élever fruit du sel de terre ample étirement d’énergie
Énergie nébuleuse vaporisée en atomes d’écume
Écume d’étoiles cueillies au creux de la main d'un enfant
Enfant  messager au portail de nos  rêves d’amour
Amour assoiffé de la grâce légère de l’infini
Infinie prospérité de cœur et d’âme à embrasser
Embrasser les quatre horizons porteurs de nos mondes

Si emprisonné tu « porte close » à la vie chatoyante
Si tu te jettes à course folle ruinant tes avenirs 

Respire
Longévité, étoile univers
Avec la délicatesse de l’aile du papillon
Gorgé de cette matière organique fertile
Ouvre des mains généreuses à la face du ciel
Savoure à la pulpe des doigts le suc flottant des nuages.
Enroule-toi des fils d’argent de l’espace outremer
Déguste la fluidité d’un temps suspendu
Le creux de la main ouvert, panier tressé d’osier
Cueillant pour partage  les éclats des étoiles
L’air palpite et murmure  d’atomes dispersés
Chante d’éléments enfantés par puissant chambardement. 
Pollen de cosmos conscient au sein de toutes les poussières
Reste immobile le temps infini du souffle suspendu,
Vol libre avant le lâcher prise d’un retour à la terre
Pour la valse magique du cycle au souffle des 3 étoiles
Dans la légèreté et l’harmonie d’une graine d’éternité
Respire, respire, respire