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mercredi 13 mai 2009

A toi l’artiste


A toi l’artiste
Toi qui ne mets pas ta musique en tubes
Mots ketchup
Musique mayonnaise
Toi qui flirtes à la vache enragée,
Enragée de habitudes

Habitudes vendues
Comme paquets de chips
Ça craque gras
Ça colle aux doigts
Ça pourrit la tête
Ça pourrit le cœur
Ça gèle la pensée
Ça stérilise l’imaginaire
Ça rend sage

Tu n’es pas en concentré
Consigné
Dans ce
Bip insolent portable
Qui crache à la rue
Ses ritournelles aigres
Jetant aux oreilles passantes
Les mots d’une intimité frelatée

Aux sans dessus-dessous
Des oublieurs du sens

Narguant la mode
Des ravageurs d’idées
La mode virevolte
Qui tue les éphémères

Tutoyant les mots et les notes
Tu enchantes nos nuits
Cafardeuses de vide
Tu épices notre vie entubée

Tu surprends
Les mots qu’on ne sait pas
Les images qu’on ne voit plus
Les mélodies qu’on ne soupçonne pas

Tu nous souffle le rêve, les émois, les révoltes
Et,
Surfant sur tes vagues
On apprend à baguenauder
Aux creux des drailles d’une pensée
Poète
Toujours renouvelée

guerre



Le ciel plombe, la lumière trace avec peine au carreau jauni,
les camions martèlent lourdement le silence au pas de la rue

Dans cette forteresse d'angoisse courent les espoirs désaffectés,
ce jour comme un autre ouvre au bas du ventre une fenêtre brutale

A l'ombre des cailloux la révolte rumine privée de ses pavés
elle est clouée au creux des corps dans les fosses de l'or noir

Tempête à gogo sur passage à la haine, l'écriture dégoûte comme
dégoutte l'eau grise du caniveau dans cet hiver douceâtre

Tu pense la mort de l'autre et tu te figes au sein des abandons
tu ne flottes plus dans ta bulle irisée, te vivant maître des vents

Qui est ce monceau de nourritures
accumulées surgelées, conservées, stérilisées ?
Qui est cette peur immonde armant les bras de la guerre
déroulant coquille sur coquille pour protéger un ventre mou ?

Choisir
et penser sa complétude dans l'existence de tous les êtres

Risquer
et arrêter ce jeu de la guerre dont chaque bille coûte la peau de l'homme
Rêver
et porter des mots au parfum de café noir détalant aux pages de la nuit
Equationner
et créer des formules magiques pour accrocher des ailes aux étoiles

Chasseurs d' enfants



C'était un jour d'hier
ou un jour de demain
en tout cas,
non
je ne veux pas
ce n'est pas
le jour d'aujourd'hui
Il a sûrement perdu
pour ce soir là
La forêt aux odeurs sourdes de terre mouillée
l'eau souple de la rivière à la jointure du pâturage
la coulure des hautes herbes fuyantes sous les vents d'est
les glaciers à la dérive ruisselants des eaux lunaires
le sable des déserts pétris aux tempêtes des vents
le moment des heures bleues où se fondent terre eau et lumière
Il n'a pas d'appeau,
Il n'a pas de gibecière
Même pas de lame à dépecer les loups
Son épaule moule juste la crosse du fusil
Il chasse à l'affût
au coin de la rue
de la rue de sa ville

se claquemure
toutce qui possède une clé à tourner
et la serrure qui va avec
Tout ce qui se croit homme
Tout ce qui se croit femme
Ce soir
non
pas ce soir
La nuit en devient froide
trop froide
Le cannibalisme
a loi de cité
dans cette rue de l'homme
dans cette rue de la femme
De cet homme qui déboutonne sa chemise au sommeil
De cette femme qui endort sa tête dans l'ombre de ses cheveux
Au coin de la rue,
de la rue de cette ville
la chasse est ouverte,
la chasse à la peau
à 30 dollars la peau
la peau de ce qu'on ne veut plus comme enfant de la rue
Comme
le tir au pigeon
le tir au canard col vert
le tir au lapin de garenne
le tir aux alouettes
espèces protégées?
animaux en voie de disparition?
Alerte aux bien pensants

Ce soir le fusil claque
au coin de cette maison
à l'angle de cette rue
au crépuscule de cette ville
Traits à la craie blanche sur le tableau de chasse
30 dollars..... rendement
30 dollars..... rendement
30........
Le rythme frappé n'est plus celui des pieds de la samba
Il flotte encore aux bouches des cuisines les odeurs fortes de friture aux épices et aux piments
ce soir, l'homme a bel et bien perdu sa mémoire de l'homme

drogue



A la fête aux amandes,
tu n'es pas venue

J'ai vu le monde blasé dans sa complainte de lassitude
vendre de la poudre pour les yeux du néant

A la belle de lune,
tu n'es pas venue

J'ai senti à la veine bleutée du poignet
glisser le liquide pétrifiant de tes jeunes saisons

A la croisée de terre,
tu n'es pas venue

J'ai entendu les rêves postiches récurer ta cervelle
et griller tes dix huit ans de leurs fausses dorures

A l'aube des pervenche,
tu n'es pas venue

J'ai touché à la fragance des cendres
la nuit spirale de toutes tes errances

A la poussée de ma rage,
Je tords de mes deux poings la mort au rire aigre
qui couche au chaud de ton sein sa parure de décomposition

mercredi 29 avril 2009

Sang papiers



Je gribouille en paresse à la rime
Pour coucher un poème à la frime
À l'amour, la beauté pondre un hymne
Un grand vent d'inspiration m'anime

Suis vre par le texte les images
Barbouiller de très savantes pages
Zut, je ne trouve plus le passage
Pour vous causer de ce si beau paysage

Sang demander l'aide de Benjamin
compter les pieds sur les doigts des deux mains
Trop dur, Je recalculerai demain
je garde ça au chaud dans mon sous-main

Papiers gelés dans bulle immobile
100 lieues au dessus des imbéciles
Si haut sur ma planète futile
J'accouche de deux phrases stériles

Dehors au très loin de moi la rue fait rage
On ne partage pas tous le même fromage

Je rature à la rime
frime de l'image
Rage sur ma page

La boule de papier s'anime
Gagné
Bien visé
Pile dans la corbeille à papiers

Jeté

La bourse ou la vie


La bourse ou la vie

Mains dressées sur les prisons d'un homme endormi
Fureur violence qui enfante les armes du massacre
Une langue inconnue, insondable barre au crayon sang
La vérité des bouches
Déchirant la pensée de ses billards de poux

Prolifération nucléaire
Partie décomposable indexée
Décroissance homothétique
Flux de produits nets
Analyse coût-avantage
Balance commerciale
Capital chômage

Des mains en vagues tristes tâchent
de chasser
De leur ciel les rapaces charognards
Jamais rassasiés
De ces

Prisons de l'ignorance
Prisons de l'imbécilité
Prisons de la destruction
Prisons de la consommation
Sans conditions

Le déséquilibre inter temporel glisse
Dans un sillage de friches stériles
Traverse l'âge des temps rapides
Ecrasant d'une pichenette des espoirs
sans futurs

Rêve de mains ouvrières
ouvrant la terre à tous
secouant le chacun endormi
Et des ponts franchissant les océans
sur des airs d'opéra

dimanche 26 avril 2009

Brume rose


Brume rose

Sentir ta peau, mon amoureuse
ma tant aimée, ma langoureuse
frôler à y émerveiller
l'iris de mes yeux sitôt éveillés.
Tendre le doigt en maraude
ton suc adoré surprendre en fraude.
Au velours et soie de ton cou
me livrer entier sans tabous.

Apothéose
En brume rose


Lait blancheur au petit matin
bouche avide pendue à mon sein,
cannelle et vanille mêlés
je berce et respire mon nouveau né.
Rêvant tes à venir en chemin
j'encoquille ta main au tendre de ma main.
Je quête au voilé de tes yeux
la couleur de ta vie en je.

Symbiose
En brume rose


Je virevolte légère
grisée de mousseline éphémère.
D'un nuage traçant l'esquisse
j'ouvre amplement les bras et glisse.
Chevauchant sur l'aile des vents
tourbillonnent mes cinq ans.
Un rire musique cristal
éclate de mille pétales

Métamorphose
En brume rose


J'en appelle aux larges espaces
ma vie voilée au village crevasse.
Pièces glanées en décharges ouvertes
j'ai peaufiné dur ma mobylette.
Clandestine, mes quinze ans endiablés
roulent, désert d'or déroulé.
Le soleil rougit la poussière
le ciel boit à ma colère.

Grandiose
Brume rose




A vingt cinq ans j'ai vu pousser mes ailes.
Je balance et virevolte mes années contractuelles.
Mon rêve adolescent accompli je pilote
Avion de chasse ou bombardier, que m'importe

Sans souci
Et sans merci
Tenace
Je chasse

Je vis aux ordres
Sans en démordre
C'est ma mission
Sans digression

Un drone autonome
Implacable métronome
Piste sur le désert d'or déroulé
Nuage dansant sur terre brûlée

Le drone me l'a dit
C'est un ordre, j'obéis
Presser le lâcher de la bombe
Deux cent trente kilos qui tombent

Saute sauterelle
En explosion de cervelle.
Aquarellant mon écran vidéo
Dans le cockpit juste un halo

Virtuose
En brume rose



Fin d'une journée de braise.
Mes quatre-vingts ans me pèsent.
Je pose au pas de porte, sur mon banc
Veillant l'indocile,j'attends.
Un nuage à la dune s'anime.
J'en guette la piste infime
Ma fine fleur du désert, ma passion…
Très haut, d'argent, un avion

Nécrose
En brume rose


dans "la conduite de la guerre" William Langewiesche, explique qu'en Irak, les moyen employés sont disproportionnés. Suite à repérage de drones, sur une seule personne, une bombe de 230 kg peut être lachée. Les soldats appellent cette opération la "brume rose", parce que la bombe, en tombant sur la cible fait sur leur écran vidéo une brume rose. Livre vendu 3€, éditons Allia

08/09/2008

Soleil noir


Soleil noir,....à Josiane Nardi

Ce soir
La première
J’ai froid de toi
De toi et moi
Tripes aux abois
……..je sais

Elle
Chemine la ville
Imbécile
Immobile
Douleur en folie
Glisse
Ailes brisées
S’enlise
De lui
Désir

J’ai dans mon panier posé ce soir
Du pain à croûte épaisse
Larges tranches
Comme tu aimes
Large
Du vin nouveau
De Villargell
Parfum cerises de mai
Souvenirs
L’ail rose
Fort de parfum
Et larges gousses
Les trois dernières tomates
Rouges du jardin
Oeil sur le chemin
Je t’attends
Ce soir

Lui,
Enfermé
Menotté
À expédier
Paquet
Sans identité
Pour l’heure
A l'ailleurs
De nulle part

Les herbes de la friche sèche craqueront
Tu seras là ce soir
Tu m’as dit et j’ai vu
Deux chauves-souris
Pendues têtes en bas
Coquilles d’ailes
Au toit de l’appentis
L’eau entre
Dans le bassin
Arrosage au soir
Qui vient
Le pain tranché
Frotté d’ail et tomate
Fil d’huile d’olive
Je guette ton pas
Je t’attends
Ce soir

Elle
Tête embarbelée
Frontière
De désespoir
Une main
Une bouteille
Pas elle
De fête
Une main
Sur
Feu


J'ai deux planches pour un banc
Sciure balayée
Oublié
Ensemencer de sel
Le pain
Ombre devinée
Tu es là, tu poses là
Deux
Yeux bleus lavés
Dure journée
Joues grises à la barbe
Du soir
Ta main au dos du chien
Odeur sucrée, dernières framboises
Ma main boucle tes cheveux gris
Là,
Je n’attends plus
Ce soir

Lui
Les murs durs
Prison des espoirs
À ne plus croire
A ne plus voir
La fin
Le bout
De ce destin
Le vide
Au vide
De demain

Là,
La rue
Les cris
Le feu
Hurle
Sirènes
Le noir

Assis au même soir tombant
Deux,
Mêmes regards sur
Un sillon
Ouvert en terre fraîche
Mais,

Le soleil
Se couche
Noir
Ce soir

Suite à mesure d'expulsion, Josiane Nardi s'est immolée par le feu devant la prison de son compagnon

24/10/2008

vendredi 24 avril 2009

Pub-lions nous


(petite plaisanterie à partir de documents publicitaires authentiques)

Le savez-vous
J’ai un succès fou
Je suis mailée
Et débordée
je suis courue
et attendue
je vous le dis sans détour
j’ai des nouvelles chaque jour
mes talents de vendeur
sur le web et ailleurs
font fureur

C’est moi qui suis la meilleure
Pour ramasser tout vot’ beurre
J’ai les crocs
Tu craques
Tu raques
J’arnaque

Place nette dans votre maison
Pour liquidation
Vente privée, sur des produits
Soldés d'exception
Le top de la technologie
Notre Sélection
Madagascar, Barcelone, Tunisie,
Destinations

Je reste la plus maligne
Pour vous ferrer à ma ligne
Je te snobe
Tu gobes
Englobes
Ma daube

C’est le moment de craquer
A tous prix
Pas de stress pour la rentrée
Fantaisie
Achetez et convolez
Cliquez oui
Pour quelques privilégiés
C’est ici

Je n’ai jamais eu de blème
Mes bons plans
Vous dire que je t’aime
Ardemment
Optimisez le système
Déploiement
Idéaux à la semaine
Rataplan

Je reste la plus maligne
Pour vous ferrer à ma ligne
J’ai la foi
Tu y crois
Sans effroi
T'es ma proie


Message personnel :
Votre nuit de toutes les tentations
A minuit, il sera trop tard, action
Laissez-vous éblouir ,nouvelle collection
Epanouie, devenez la femme unique
La nouvelle garde-robe en un clic !
Pour éclipser toutes vos rivales
Désodorisée aux senteurs estivales
Sans rides de surface, lissée de l’intérieur
Choisir lifting et botox sans douleur
La nouveauté met vos sens en éveil.
Les stocks diminuent, voyons, on se réveille
Venez relever ce défi, décrochez la lune.
Acceptez bonheur , jeunesse et fortune
Croquez neige en janvier, en août le Pacifique
Offrez-vous la vie de mondes authentiques

Les collants qui ne filent pas
L’assurance anti- trépas
Le décor de la pampa
Le masseur à cellulite
Les poignées en bakélite
La lotion pour gingivite
La ceinture à taille fine
La bougie sans paraffine
La pommade à bonne mine
La poubelle sans les odeurs
Le ménage à toute vapeur
Le fil à couper le beurre
Un canard pour les WC
Une pelle à amasser
Les sous dans votre panier

Non, là, y’a erreur,
Ça c’est notre job
A chacun ses Privilèges

De cet univers
À découvert
Quoiqu’il en soit,
Ne doutez pas
Votre créateur en pouvoir d’achat
Y pourvoira

Non, vous ne rêvez pas.
Oui, osez chouchoutez
Votre jardin secret,
Sûr vous y gagnerez,
La planète avec, juré, craché
Croix de bois
Crois de fer
Si je mens
Je vais en enfer

Ne payez rien avant 1 an
Et en cadeau :
Bingo!
1 arbre planté
2 peluches offertes
3 ampoules économies d’énergie.

Cadran solaire et faux ami,
Parlent tant que le soleil luit,
Et se taisent quand il s'enfuit...

Il y a plus de fous acheteurs
Que de fous vendeurs.
(proverbes français)


09/04/2009